Napoléon et Auriol

1794. NAPOLEON s’est arrêté à Auriol

Cette histoire, je la tiens de Monsieur Marius PASCAU qui fut Maire de notre commune au lendemain de la Libération. Voici ce qu’il me raconta en 1965 :

« Je m’en souviens comme si c’était hier. Ma grand-mère allait sur ses 83 ans et moi j’en avais 8. Je suis né en 1892. On était donc en 1900.

Un beau jour, elle me dit : « Tu sais petit, NAPOLEON est passé par ici. Il s’est même arrêté au pous de Bérard pour se désaltérer. Il paraît qu’il y avait beaucoup de cavaliers. Je ne sais pas les détails de cette histoire mais je l’ai entendue à la veillée, quand j’étais petite. Souviens-toi bien ! Le pous de Bérard, c’est le gros puits qui est au chemin Marseillais, juste avant Bassan. Il faudra que tu ailles le voir ! »

« Mon étonnement fut grand, ajouta-t-il, d’entendre parler de ce personnage historique qui avait vécu il y a si longtemps. Il était d’autant plus grand que ma grand-mère, cette vieille dame déjà très âgée, me disait toujours qu’elle avait connu le temps de Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe et Napoléon III ! »

Le puits de Bérard est toujours là, trapu, solidement implanté dans un champ de vignes et d’oliviers, à une dizaine de mètres en contrebas du chemin Marseillais. C’est une construction plutôt massive de 10 mètres de circonférence (environ 3m de diamètre). La végétation l’a peu à peu recouvert, mais il porte bien les rides de son âge avancé.

Que le général BONAPARTE s’y soit arrêté n’a rien de surprenant :"Sa mère et ses sœurs résidèrent à Saint-Zacharie entre mai et septembre 1794", nous dit René VERRIER dans sa "Petite Histoire d’Auriol". Pour Napoléon BONAPARTE qui leur était très attaché, prendre à Pont-de-L’Etoile le chemin Traversier de Roquevaire et, dans la foulée, le chemin Marseillais, était le meilleur moyen de gagner du temps pour les rejoindre tout en évitant les agglomérations et leurs habitants.

Mais la palme revient surtout à ce paysan, BERARD, peut-être le propriétaire du champ, qui, ayant aperçu l’attroupement s’avança, s’enquit de l’identité de son commandant et, par la suite ne manqua jamais de raconter à qui voulait l’entendre la scène qu’il avait vécue : elle concernait ce fameux général BONAPARTE dont tout le monde parlait depuis ses succès au siège de Toulon, et qui deviendrait plus tard le plus connu des Français !

Et voilà comment les choses se disent, se répètent, se transmettent et, par la simple parole, ricochent jusqu’à vous en trois ou quatre bonds par-dessus les siècles !

Marcel Guigou

Préparez votre balade au Puits de Bérard

Pour voir le puits de Bérard : Prendre la montée de Bel Air, descendre ensuite vers l’autoroute. Sur la gauche, franchir le pont de l’A52. En voiture, se garer à proximité de l’apport volontaire des O.M. Continuer à pied jusqu’au carrefour avec le chemin Marseillais (vue 1), prendre à droite vers l’ouest. Une vingtaine de mètres plus loin, sur la droite : la Petite Maison et le puits, couvert de broussailles (vue 2). Attention : prudence, route très étroite. Utilisez la photo ci-dessous pour vous y orienter.

Puits de Bérard

Le Cadastre Napoléon

Un autre impact de Napoléon : son fameux "cadastre". Le cadastre napoléonien ou ancien cadastre ou plan cadastral de 1812 est un cadastre parcellaire unique et centralisé, institué en France par la loi du 15 septembre 1807, à partir du « cadastre-type » défini le 2 novembre 1802. Rassemblant dans une carte homogène une centaine de millions de parcelles[1], c'est le premier outil juridique et fiscal, permettant d’imposer équitablement les citoyens aux contributions foncières. C'est un document important qui répertorie les propriétés et les biens immobiliers de la commune d'Auriol. Il permet de mieux comprendre l'évolution du territoire et les transformations économiques et sociales survenues au XIXe siècle. Les feuillets relatifs à Auriol sont datés de 1830 et peuvent être consultés sur le site des archives départementales.